La sécurité alimentaire et nutritionnelle a toujours été au cœur des préoccupations des gouvernements au Burkina Faso. D’énormes efforts ont été consentis en vue de protéger les populations contre les situations de vulnérabilité vécues face à l’instabilité des productions alimentaires à tous les niveaux. C’est ainsi que des programmes de soutien à la production ont été élaborés et mis en œuvre depuis de nombreuses années de même que des dispositifs de coordination de la sécurité alimentaire ont été mis en place pour une gouvernance performante de ce domaine. Toutefois, malgré ces efforts déployés, l’insécurité alimentaire et nutritionnelle demeure une préoccupation majeure au Burkina Faso, en témoigne la récurrence des chocs (l’indisponibilité et l’inaccessibilité de denrées alimentaires, la non stabilité des approvisionnements etc.) auxquels restent confrontées de nombreuses populations vulnérables.

Le constat empirique sur le terrain fait ressortir que la majorité des personnes souffrant de malnutrition au Burkina Faso sont des femmes enceintes et allaitantes, et des enfants de moins de cinq ans vivant en milieu rural. Ces inégalités s’expliquaient principalement par les difficultés d’accès aux services de santé et les pratiques alimentaires archaïques et inadéquates. Fort de ce constat, le gouvernement burkinabè s’est engagé sur le nouvel agenda mondial pour le développement consacré par les Objectifs de Développement Durable (ODD) pour lesquels les recommandations formulées dans ce document visent l’atteinte de son deuxième objectif (ODD2) qui prône « l’élimination de la faim, l’atteinte de la sécurité alimentaire et la promotion d’une agriculture durable », d’ici 2030.

Il ressort de ce qui précède que les problématiques liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle sont multiples. Parmi celles-ci, on peut retenir la multitude de textes et instruments juridiques, l’insuffisance et le manque de connaissances ou d’appropriation de ces textes favorables à la sécurité alimentaire et nutritionnelle. En effet, il existe des instruments juridiques inadéquats et même parfois insuffisants ou inadaptés au contexte national. Ils doivent par conséquent faire l’objet d’une relecture ou d’une élaboration.

En outre, d’autres textes concernant à la fois la sécurité alimentaire et la sécurité nutritionnelle qui doivent mieux protéger les consommateurs manquent de rigueur par moment en terme de coercition. C’est compte tenu de ce contexte et conscient de tous ces enjeux, que le Réseau de la Société civile pour la Nutrition (RESONUT) a commandité la présente étude sur le « cadre légal de la nutrition au Burkina Faso ».

 

 

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