Chèr(e)s Internautes,

Le Burkina Faso a adhéré au Mouvement SUN (Scaling Up Nutrition ou Renforcement de la nutrition) depuis 2011. Cet engagement politique fort a donné lieu à la prise en compte d’un certain nombre d’engagements concrets pour venir à bout de la malnutrition qui reste une problématique majeure de santé publique et de développement[1] au Burkina Faso.

Dans cet ordre d’idées, le RESONUT fut créé en décembre 2014. Association à but non lucratif, apolitique et laïc, son but principal est de favoriser la concertation et la coordination des actions de la société civile engagée pour influencer les décideurs en faveur de l’amélioration de l’état nutritionnel des populations au Burkina Faso. Notre Réseau dynamique et en quête de croissance et de maturité comprend des membres évoluant au niveau national ou sub-national (réseaux de société civile, ONG, associations Organisations de transformateurs (trices), organisations de consommateurs (trices), organisations des droits humains, organisations de femmes, organisations paysannes…) dans le domaine de la nutrition et de secteurs connexes contribuant à la nutrition (agriculture, eau-assainissement, éducation, protection sociale, finances, environnement...).

Selon une analyse[2] menée par le RESONUT en 2016, il ressort que tous les engagements politiques de l’Etat n’ont pu être suivis d’actes concrets, surtout financiers, en vue de faciliter l’atteinte des objectifs nutritionnels d’ici à 2030. De manière globale se pose depuis des années au Burkina Faso la question d’une gouvernance adéquate de la nutrition dans un contexte de multisectorialité (ancrage institutionnel fiable, financements suffisants, durables et domestiques, prestations de qualités, redevabilité des acteurs).

Le Plaidoyer du RESONUT, depuis sa création, vise à interpeller les décideurs politiques et économiques en vue d’engagements (politiques et financiers) plus ambitieux et plus concrets, en vue de faire du Burkina Faso un pays exempt de faim et de malnutrition. Le RESONUT a évolué dans un contexte assez favorable avec des alliés forts et poursuivant les mêmes objectifs nutritionnels (UNICEF, OMS, PAM, FAO, initiative REACH ; Réseau parlementaire en sécurité nutrition, ONG nationales et internationales, Associations de développement, Direction de la Nutrition, Secrétariat technique chargé de l’Alimentation et de la Nutrition/ Ministère de la Santé (Point Focal SUN pays), services techniques clés de ministères pro-nutrition, etc.

Dans une dynamique collective avec ses partenaires ainsi que d’autres acteurs, des acquis notables sont à retenir dont la création d’une ligne financière spécifique à la nutrition dans le budget du Ministère de la Santé (1 milliard F CFA en 2017 et 1 milliard 500 mille F CFA en 2018). Les défis restant en matière de financement endogène de la nutrition consistent en la création de lignes similaires dans les budgets des ministères contribuant à la nutrition (éducation, protection sociale, agriculture, eau-assainissement-hygiène…). L’autre grand chantier du RESONUT à poursuivre est la mobilisation et la sensibilisation des Champions de la Nutrition et du grand public à la nécessité d’œuvrer aux côtés du RESONUT pour une bonne nutrition pour tous.

Comme autres acquis, en plus des formations à ses membres, le RESONUT a conduit des recherches qui ont enrichi et vont continuer de l’être pour son plaidoyer en faveur de la nutrition. L’évaluation du budget de l’Etat et des partenaires techniques et financiers a révélé que l’Etat burkinabè investit très peu d’argent dans la nutrition, par rapport à l’objectif moyen de 3% recommandé par la Déclaration FANUS (Fédération des sociétés africaines de nutrition) en 2015. Un besoin de financements innovants, durables, endogènes est indispensable pour pallier le faible niveau de financements de l’Etat ainsi que les financements d’urgence de certains partenaires techniques et financiers. Deux recherches ont permis de proposer un modèle jugé fiable d’ancrage institutionnel de la nutrition au Burkina Faso (ancrage supraministériel à la Primature ou à la Présidence du Faso), de même qu’un mécanisme viable de redevabilité des acteurs de nutrition. 

Le débat sur l’ancrage institutionnel de la nutrition reste d’actualité au Burkina Faso. Son évolution va déterminer d’une manière ou d’une autre la place accordée à la nutrition dans le quotidien des Burkinabè. Pour les trois prochaines années, le RESONUT opte résolument de poursuivre le plaidoyer politique avec ses alliés, et aussi pour un plaidoyer porté par les communautés via la mise en place progressive et le fonctionnement de points focaux dans les 13 Régions administratives du pays. Le RESONUT reste convaincu que l’union franche entre partenaires (participation effective aux différents cadres de concertations) produira des résultats probants pour renforcer et mettre à l’échelle les interventions spécifiques et sensibles à la nutrition au Burkina Faso.

Par le truchement de ce canal de communication qu’est notre site Internet, je vous invite à continuer de nous lire, de nous suivre et de nous accompagner pour les combats en cours et à venir contre la malnutrition sous toutes ses formes.

Je remercie l’ensemble des partenaires publics et privés de faire confiance au RESONUT.

Le RESONUT : Contribuer à bâtir un Burkina Faso exempt de faim et de malnutrition.

 

Le Président du Bureau Exécutif

Marc SEKPON

 

[1] SMART 2017 : Malnutrition aigüe globale (8,6%) ; Malnutrition chronique (21,2%) ; taux d’allaitement maternel exclusif (47,8%) ; Insuffisance pondérale (16,2%).

[2] RESONUT, Evaluation des engagements du Burkina Faso pour la Nutrition, Rapport final, août 2016