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Le 21 mai 2021, le Réseau de la Société civile pour la Nutrition (RESONUT), engagé dans la concertation et la coordination de la société civile pour l’amélioration de l’état nutritionnel des populations afin de faire du Burkina Faso, un pays exempt de faim et de malnutrition, a organisé un atelier de renforcement des capacités des Champions Nutrition, des membres des régions bénéficiaires du fonds de plaidoyer décentralisé et des points focaux du réseau sur la sécurité nutritionnelle. Au total cinquante- quatre (54) participants dont neufs (9) femmes et quarante-cinq (45) hommes y ont pris part.

Le Burkina Faso est l’un des pays d’Afrique de l’Ouest où les indicateurs de malnutrition s’améliorent très lentement malgré les efforts déployés, ces 5 dernières années, par les différents acteurs. Selon l’enquête SMART 2020, au plan national, la malnutrition aiguë globale (MAG) est de 9.1%, la malnutrition aiguë sévère 1.0% et la malnutrition chronique se situe entre 8% pour la forme sévère et 24.9% pour la forme modérée. Chez les enfants de moins de 5 ans, on note une insuffisance pondérale de 17.6%. Si les taux se sont améliorés, le nombre d’enfants malnutris reste encore élevé et la situation très précaire.

C’est conscient de cette situation que le RESONUT a bien voulu doter ses Champions Nutrition, ses membres bénéficiaires du fonds de plaidoyer décentralisé et ses points focaux régionaux, de connaissances sur la nutrition/santé, la sécurité alimentaire, l’eau, l’hygiène et l’assainissement Pour le RESONUT, cette formation a pour but de mobiliser les personnes ressources que sont les Champions Nutrition, les points focaux et les bénéficiaires des fonds de plaidoyer décentralisé, pour la promotion des pratiques optimales de nutrition au Burkina Faso.

Cette journée de formation a regroupé cinquante-quatre (54) participants venus des régions de l’Est, de la Boucle du Mouhoun, du Centre, du Centre-Nord, du Sud-Ouest et du Nord.

 

Dans son allocution d’ouverture, le Coordinateur National du RESONUT, Dieudonné LANKOANDE, a souhaité la bienvenue aux Champions Nutrition, à leurs représentants et à l’ensemble des participants à cet atelier. Selon le coordinateur national « la lutte pour parvenir à un Burkina Faso exempt de faim et de malnutrition est multisectorielle et exige une prise de conscience collective de tous ». L’implication des autorités coutumières et religieuses, des célébrités et vedettes de renom dans cette lutte contre la malnutrition est un soutien indispensable pour le plaidoyer auprès du gouvernement et des partenaires. 

Au cours de cette formation assurée par Victor NIKIEMA, nutritionniste au Département Santé Nutrition de Action contre la Faim, les participants ont bénéficié de plusieurs modules sur la sécurité alimentaire, la prévention et la lutte contre la malnutrition ainsi que l’impact de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso.

Le formateur, Victor NIKIEMA, après un brainstorming sur les notions de base en nutrition, a procédé à un exercice de classification, avec les participants, d’une série d’aliments en fonction des trois grands groupes que sont les aliments de force, les aliments de protection et les aliments de construction. Selon lui, pour que le corps obtienne tous les nutriments dont il a besoin, « Une personne doit manger une variété d’aliments. Il n’existe pas d’aliment qui contient à lui seul tous les nutriments nécessaires. Un repas équilibré devra contenir des aliments provenant de différents groupes alimentaires en quantités adéquates ». Il a également souligné l’importance du sport dans le maintien de l’équilibre alimentaire : « associons à notre quotidien des activités physiques, l’équivalent d’au moins 30 mn de marche à pied rapide » a-t-il recommandé.

                                                                                Victor NIKIEMA lors de sa communication

Après un rappel sur les formes de malnutrition, ses causes ainsi que ses conséquences sur l’état nutritionnel des populations, Victor NIKIEMA soutiendra que l’insécurité alimentaire est l’une des causes sous-jacentes de la malnutrition. Ainsi, « la sécurité alimentaire est une condition nécessaire mais non suffisante pour assurer la sécurité nutritionnelle ». Dans son exposé, il est ressorti que la COVID-19 a eu un impact considérable sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso. Les dynamiques de la pandémie qui menacent la sécurité alimentaire et la nutrition sont entre autres la hausse des prix de certains produits, les problèmes d’accès aux marchés, la perte des revenus des ménages résultant d’un accroissement massif de l’insécurité alimentaire. Il a rappelé qu’en septembre 2020, 2,5 millions d’individus étaient en insécurité alimentaire. Face à cette situation, les mesures de mitigation vont de la diminution du nombre de repas par jour au sein des ménages, à la réduction des portions de nourriture des adultes au profit des enfants, à l’emprunt d’argent l’achat de vivres très largement adopté dans les zones les plus touchées que sont le Sahel, le Centre-Nord, le Nord et l’Est.

En guise de conclusion, le formateur a souligné que la nutrition est un domaine transversal impliquant un grand nombre de secteurs tels que l’agriculture, les corps législatifs, la protection du consommateur, l’éducation, le WASH, l’eau et l’assainissement, le genre, etc.

Photo de famille avec les Champions et représentants des Champions Nutrition, les points focaux et les bénéficiaires du fonds de plaidoyer décentralisé du RESONUT