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Proposer une loi portant modification du code des impôts en vue de détaxer les produits entrant dans la prévention et le traitement de la malnutrition, faire un plaidoyer auprès de la commission des finances et du budget (COMFIB) pour le renforcement des crédits budgétaires alloués à la nutrition. Tels étaient les deux engagements pris par le Réseau parlementaire pour la sécurité nutritionnelle (REPASEN), lors d’un atelier organisé en 2017. Ces engagements ont fait l’objet d’une revue ce mercredi 20 mai 2020, à Ouagadougou.

Au cours de cette rencontre, il sera question de la présentation des deux documents de plaidoyer au président de l’Assemblée nationale, aux membres de la commission des finances et du budget (COMFIB) et de la commission du genre, de l’action sociale et de la santé (CGASS) et d’échanger sur la mise en œuvre des engagements pris lors d’un atelier en 2017. Après trois ans d’efforts pour l’amélioration de la nutrition maternelle et infantile, le président du Réseau parlementaire pour la sécurité nutritionnelle (REPASEN), Boureima Dissan Gnoumou, estime que les lignes ont suffisamment bougé.

« Cela fait trois ans que nous avons pris deux engagements lors d’un atelier régional et il s’agissait de peser de notre poids pour la modification du code des impôts en vue de la taxation des intrants entrant dans la préparation des aliments thérapeutiques. Le deuxième engagement était de faire en sorte que dans la Loi des finances, le volet nutrition ait une allocation budgétaire assez conséquente. Les lignes ont bougé, mais le contexte actuel du pays fait qu’on doit poursuivre le plaidoyer pour maintenir l’allocation budgétaire mais aussi, aller dans le sens de l’augmentation », a-t-il indiqué.

 

A ce propos, il a précisé que l’ambition était de faire en sorte qu’en 2021, la ligne budgétaire de la nutrition atteigne trois (3) milliards de francs CFA, une somme susceptible de pourvoir au payement des aliments thérapeutiques pour la prise en charge des cas de malnutrition.

 Du côté du département de la santé, le directeur de la santé publique, Esaie Medah, fonde l’espoir que le présent atelier permettra aux parlementaires qui sont déjà engagés sur la question de la nutrition, de porter la problématique au plus haut niveau. Le but étant qu’il y ait suffisamment de financements endogènes au budget de l’Etat et inciter d’avantage les partenaires. Ce, pour réduire considérablement la prévalence de la malnutrition dans le pays. C’est ainsi que les recommandations issues de cet atelier serviront à renforcer les plans d’action du département de la santé.

Et si selon les résultats de l’enquête nutritionnelle réalisée en 2019, le taux de malnutrition aigüe global était de 8, 4% et 25% pour la malnutrition chronique, le chef du programme santé et nutrition de l’UNICEF, Dr Jean-Claude Mubalama, relever une légère tendance à l’amélioration de la situation. Toutefois, dit-il, d’énormes efforts restent à faire. « Nos attentes, c’est que les engagements que les pays avaient pris il y a trois ans, puissent rester intacts, mais aussi, que les allocations puissent être effectives en dépit de la crise actuelle que traverse le pays dans la partie Nord et de la pandémie du Covid-19 », a-t-il signifié.

Convaincu par ailleurs que l’investissement dans le capital humain doit constituer la priorité pour tout pays, Jean- Claude Mubalama prévient : « Si nous n’investissons pas dans la santé et la nutrition des enfants durant les 1000 premiers jours de la naissance, les conséquences risquent d’être désastreuses ».

Le présent atelier a été initié par le ministère de la Santé et ses partenaires que sont l’UNICEF et le Réseau de la société civile pour la nutrition (RESONUT).

 Lefaso.net